Souvenirs C-I-L
ARTICLE PRINCIPAL et références
L’épopée C-I-L à McMasterville… un témoignage !
Souvenirs précis d’un octogénaire 😉 par Robert Lapointe Novembre 2023
Introduction
Cette chronique vous décrira l’entreprise Canadian Industries Limited (C-I-L) de McMasterville autour des années 1965 à 1967. Ce sujet est parmi mes souvenirs inédits très personnels pour plusieurs raisons. Ces 3 années de ma vie, ici détaillées, font le sujet d’un seul paragraphe sur 20 de mon curriculum de randonnée de vie publié sur le présent site web.
C-I-L fut mon premier emploi permanent. Mon travail m’a permis de connaitre beaucoup de parties et composantes du complexe industriel de McMasterville. L'endroit est immense en terme bâtisses de différentes productions, de nombreux produits, de nombreux magasins bien barricadés d'entreposage avant expédition, des laboratoires d'assurance de qualité, etc. Je suis loin d'avoir tout vu et tout compris ! Lors de la rédaction de cet article, j'ai eu beaucoup d'aide de la part de Marc Robillard, un ex-employé C-I-L qui y a travaillé pendant dix ans. Surtout que c'est une personne qui est curieuse qui aime apprendre et comprendre !
J’ai à raconter diverses histoires vécues et des anecdotes inédites à propos de moi, de mes patrons, de collègues employés, de l’entreprise et de la région.
Vous y trouverez en plus à la fin d’excellents documents historiques en référence qui couvrent beaucoup les débuts de l’entreprise jusqu'à la fin de la 2e guerre mondiale ainsi que de 1975 à 2000. Comme mentionné, je compte couvrir surtout la période 1964 à 1966, mais je vais en plus commenter la grande explosion de 1975.
Je couvre aussi une multitude de sujets dont : la fourniture d'explosifs à l'armée américaine lors de la guerre au Vietnam, l'explosion majeure de 1975, des plans aériens de l'usine, mon habitation chez les Leclair (première ferme cultivant les champs loués à la C-I-L), le réseau de rails C-I-L sur son terrain et du réseau du CN, des polluants, de la dangerosité des lieux et des processus et produits, etc.
Et à la toute fin, la venue et le départ de l'armée canadienne découlant de la crise d'octobre 1970 et des mesures de guerre au Québec.
Sur cette mémorable époque, je décris l’évolution de la C-I-L menant à sa fermeture en 2000. Et je termine sur la description du terrain qui sera utilisé à partir de 2023 par Northvolt ainsi que quelques commentaires au sujet de ce projet.
Bonne lecture ...
Je débute en vous mentionnant que la municipalité de McMasterville fut fondée en 1917 et son nom est basé sur William McMaster, président de Canadian Explosives Limited (compagnie qui devient Canadian Industries Limited par la suite).
D'entrée de jeu, je dois mentionner que tout ce qui reste aujourd'hui est un immense terrain industriel ainsi qu’une résidence privée pour retraités Les Richeloises qui fut rénovée et adaptée à partir de l’édifice du Laboratoire Central de Recherche (Central Research Laboratory - CRL) canadien de C-I-L. Le CRL maintenant Les Richeloises, un immeuble au 701 chemin du Richelieu fait face au Richelieu et est sur un terrain adjacent au terrain de l'usine de production industrielle de la C-I-L. Le centre de recherche fut transféré en Ontario vers 1985 et l'immeuble devint un peu plus tard une résidence privée pour retraités dont je parle ci-dessus.
Ce centre de recherches construit en 1961, distinct de l'usine avait ses propres chercheurs et techniciens. Je me rappelle de deux amis techniciens du ERL (Explosives Research Laboratory) , Jean-Guy Roy et Bastarache qui en 1966 se sont ramassé les deux le même jour à l’hôpital bras et jambes cassés et leurs Corvettes (ou Mustang ?) démolies. Il semble que ce n’est pas seulement les explosifs qui les excitaient. 😉 Comme technicien au laboratoire de l’usine, j’ai eu quelques interactions de travail avec le Centre de recherche.
En 1964, j’abandonne mes études universitaires (dont j'ai repris et terminé plus tard) et après une entrevue avec le chef chimiste Feu Bill Waugh (1904-1987), j’obtiens un emploi permanent comme technicien de laboratoire au salaire de 400 $ par mois ! C-I-L cherchait de la relève aux vieux employés qu’ils avaient embauchés après la 2e guerre mondiale. On déroulait le tapis aux décrocheurs universitaires plus faciles à former.
Pour l’entrevue, je suis arrivé de Montréal via Autobus Provincial sur la 116 dont le chauffeur connaissait le raccourci où me déposer pour aller à la C-I-L (à peu près vis-à-vis où se trouve le restaurant Piment Szechuan de McMasterville) pour que j’emprunte un chemin non banalisé.
Je devais traverser les rails de chemin de fer et poursuivre le sentier boisé le long du ruisseau Bernard menant près du centre de recherche près du Richelieu pour enfin me rendre à l’édifice principal de l’usine.
Pendant ma période d’emploi à la C-I-L je deviens le principal organisateur bénévole de l’Exposition scientifique annuelle de la Vallée-du-Richelieu pour les écoles de la Montérégie alors sous l’égide de la C-I-L. J’ai eu à collaborer avec le Dr Davidson du Centre de recherche C-I-L et Jean-Guy Roy, l'ami technicien. En plus d’organiser l’exposition, il fallait en plus solliciter le financement par les industries de la région, trouver des juges scientifiques et recevoir les candidatures des écoles. J’admets avoir été un peu dépassé pour mon âge à cette époque, mais la tâche fut réalisée.
Ci-dessous une vieille photo d'été 1964 de moi devant l'entrée de l'usine C-I-L sur le boulevard Richelieu à McMasterville. Je relevais un défi de jogging sans préparation vers 16 heures après le travail.
Une bonne partie de mes collègues de laboratoire ont fait des mises sur ma performance. Je devais courir aussi loin que le cortège d'automobiles le voulait, mais au minimum jusqu'aux limites de Saint-Bruno. Les employés de l'usine et les patrons se demandaient ce qui se passait en cet après-midi pluvieux devant l'entrée principale de l'usine.
Parmi les techniciens présents, je reconnais Cameron, Randy Lanctôt, Don Fenton, Jordan, Gendron et autres ainsi qu'au chronomètre Bill Dooley ! Le photographe amateur, Roland Provost, technicien de laboratoire.
J'ai relevé le défi avec succès. Je suis arrivé au travail à l'heure le lendemain matin, mais avec les jambes droites et raides comme du fer.
Mon ami Roland Provost vient de me transmettre cette image d'il y a 60 ans !!! J'avais 21 ans !!! WOW ! J'ai rencontré récemment Roland ce pensionné avec 34 années de service à la C-I-L.
Dans l’ensemble du complexe de production et le laboratoire, la langue anglaise prévalait lors des réunions de sécurité. Le directeur de l’usine et le comptable étaient des unilingues anglophones. De même pour mon bon patron Feu Bill Waugh (1904-1987) chef chimiste qui était un unilingue anglais. Quoique l’assistant de Bill, Feu Charles Cathro (Charlie) Hunter (1920-2015) parlait très bien le français avec ses techniciens francophones.
Ci-dessous, vous voyez le bureau principal de l’usine au cours des années 60 (Collection Gilles Plante). Les laboratoires étaient au 1er étage à droite, là où j’ai eu ma première entrevue d’emploi et où j’ai travaillé.
Le bureau principal au cours des années 60 (Collection Gilles Plante)
Les bureaux administratifs étaient au 2e étage et le bureau du directeur de l’usine juste au-dessus d’une pièce ou je conduisais périodiquement des tests de qualité de la glycérine d’un échantillon d’une récente livraison de matière première. Le test se terminant par une petite portion d’explosif de nitroglycérine. Une fois, le test s’est mal conduit par une montée subite de la chaleur et j’ai dû appliquer une procédure technique d’urgence pour m’éloigner rapidement de la hotte, au cas où ! Le directeur de l’usine aurait pu se faire secouer et il ne l’a jamais su !
J’ai rencontré deux fois le directeur d’usine anglophone. La première fois peu de temps après avoir signé (en deuxième sur une centaine de personnes) une pétition d'employés. L’initiateur Feu Don Fenton (1941-2011) et moi le 2e signataire avons eu droit à une réunion de remontrance du style Clarence Campbell si vous voyez ce que je veux dire ! La deuxième fois, c’est lorsque j’ai fait partie de son équipe de curling au tournoi des employés C-I-L à Brownsburg. Et nous avons heureusement gagné ! 😉. Plus tard, Alex Quenneville fut nommé directeur de l’usine CIL.
Il y a peu de temps en 2022, lors d’une promenade près de chez moi, j’ai engagé la conversation avec monsieur Kenneth Ross Suddard, un nonagénaire actuellement de 98 ans, qui demeure sur la rue du Verger à Saint-Bruno-de-Montarville. Surprise, j’apprends de lui qu’il était un gestionnaire à la CIL et avait son bureau au 2e étage. Il s'est occupé jusqu'à sa retraite de gérer les matières premières pour les productions et par la suite fut acheteur pour l'usine. Que le monde est petit de se retrouver quelque 55 années plus tard ! 😉
Photo Collection Gilles Plante
Du côté gauche de l’édifice il y avait une entrée principale large pour l’entrée des camions et du personnel de l’usine elle-même. On ne voit pas ceci, mais il y avait une barrière pour les camions et un petit bâtiment guérite de gardiens où le personnel de l’usine devait entrer sous surveillance. Règle stricte, ne pas entrer au travail avec des allumettes dans ses poches sinon vous perdiez votre emploi sur le champ. Fumage interdit dans l'usine !
À noter qu'il y avait plus loin le long du Richelieu une entrée sortie pour les camions contenants des produits explosifs et autres. Elle était localisée pas loin du quai Dynamite !
Nous les techniciens de laboratoire, entrions par la porte principale par le devant de l’édifice. Si nous devions travailler dans d’autres endroits dans l’usine alors il fallait passer par la guérite gardée par des agents de sécurité et là où les employés enregistraient leur heure d'entrée au travail (au Punch) .
Le complexe industriel de McMasterville au milieu des années 60 avait délaissé la peinture C-I-L au profit de l’usine C-I-L de Valleyfield. Le complexe était composé de plusieurs installations différentes de production à partir de produits de base : les usines d’acide sulfurique, d’acide nitrique, de TNT (Trinitrotoluène), de nitroglycérine pour la dynamite, la production du PETN (Pentaerythritol tetranitrate), de la poudre noire pour les munitions préparées à Brownsburg, des engrais chimiques, etc. Il y avait une petite unité de production du produit AMEX contenant des nitrates. Un peu plus tard après mon départ, une autre grande bâtisse appelé la Nitrone fut construite pour de nouveaux types d'explosif appelés les MIXES. La Nitrone explosa en 1975 comme mentionné plus loin.
Il y avait deux quais de réception ou d'expédition sur la rivière Richelieu. Le premier, presque devant l'édifice administratif pouvait recevoir de la marchandise pour l'usine et le 2e plus loin était surnommé le quai dynamite. Sur le terrain il y avait un réseau ferroviaire privé C-I-L qui transportait les produits de production vers des magasins d'entreposage. Il y avait aussi un réseau CN qui accédait au terrain C-I-L pour embarquer des produits de ses magasins pour acheminement à la clientèle en suivant le réseau extérieur longeant la route 116.
Lorsque requis, des spécialistes avec les autorités locales se servaient d'un quai comme point de départ d'une barque pour placer quelques petites charges explosives afin de faire sauter des barrages de glace au printemps pouvant causer d’importantes inondations d’eau sur les rives du Richelieu.
J’ai travaillé au laboratoire de l’édifice principal C-I-L pour l’assurance de qualité de l’acide sulfurique, de l’acide nitrique, de la glycérine comme ingrédient de base pour la production de la nitroglycérine dans cette usine totalement automatisée.
Un produit instable à produire était la poudre noire et je n’aimais pas me promener dans ce coin du complexe. Le souffre, salpêtre et charbon de bois étaient mixés dans un grand contenant circulaire par des lames en bois pour éviter les flammèches pouvant causées explosion. Dans le passé, il y eu plusieurs explosions à la poudrière causant la mort.
Lors d’une visite à mes grands-parents Lapointe à Saint-Angèle-de-Monnoir, mon grand-père, homme de peu de mots, a laissé tomber soudainement « j’ai travaillé à la poudre noire à McMasterville vers 1910 » et il connaissait le danger constant de la poudre noire. Durant mon emploi à la C-I-L, il circulait à l’usine l’histoire d’une explosion avec 1 mort et un autre camarade employé ébranlé qui commençait son premier jour d’emploi à la poudre noire. Il serait parti à la course vers la sortie de l’usine et ne serait jamais revenu !
Il n’y a jamais eu à ma connaissance d’explosion à l’unité de production de nitroglycérine, ni du TNT ou de PETN. À l’époque, je rencontrais à l’occasion l’ingénieur principal C-I-L de Montréal qui visitait, inspectait et vérifiait les travaux. J’ai vu le plan de contingence en cas d’explosion majeure avec des scénarios sur plan qui montraient la distribution possible de différents débris projetés jusqu’au Mont-St-Hilaire.
Il y avait le laboratoire principal et aussi plusieurs petits laboratoires spécialisés à l’intérieur du complexe pour l’assurance de la qualité des explosifs et des engrais. Il y avait un inspecteur canadien qui venais vérifier mes résultats de tests sur le PETN et le TNT avant que les produits ne partent par camions vers les dépôts de l'armée canadienne pour ensuite être envoyés pour les États-Unis et être remis à la défense américaine pour la guerre au Vietnam. Au milieu des années 60, ce contrat militaire était immense pour C-I-L ! Le PETN était un détonateur d'explosif effroyable placé dans les bombes, les obus et les roquettes et le TNT pour l’artillerie.
Il y avait un petit laboratoire satellite dans l’usine, mené par un technicien particulier sous la gouverne d'un employé du chef chimiste Feu Bill Waugh (1904-1987). Ce laboratoire mesurait les caractéristiques des explosions de nitroglycérine et de divers explosifs. C’était Henry Heinz Wigand, un allemand ex-membre enrôlé vers 16 ans de la Panzer Division de l’armée allemande qui était solitaire et faisait un peu peur. Un jour, après avoir été cueillir à pied dans l'usine quatre bonbonnes échantillons au bâtiment de nitro avec Feu Gilles Leclair (1942-1975) technicien, nous les avons apportés au laboratoire d'Henry. Je suis entré une seule fois dans cet antre technique pour assister à un test d’explosion. Ce fut impressionnant de porter à la chinoise sur mon dos, le long des rails du réseau privé, des petites bonbonnes de nitro ! En rétrospective, m'être enfargé aurait terminé ma vie car la nitro est un produit explosif susceptible au choc !
L’assistant au chef chimiste était Feu Charlie Hunter (1920-2015), un vétéran des troupes alliées. Je n’ai jamais vu Henry et Charlie jaser entre eux ! Les deux n’avaient pas de formation en chimie au préalable à leur emploi après la guerre. Je les inquiétais sûrement avec mes études et connaissances comme concurrent potentiel lors d’un départ éventuel à la retraite du chef chimiste.
Le chef chimiste Feu Bill Waugh (1904-1987) était un bon patron de foi religieuse bahaïsme et chef spirituel de la grande région. Bill décéda à Cap-aux-Meules, Îles de la Madeleine. Je me souviens aussi de plusieurs amis techniciens dont Jacques Lagassé, Paul Durocher, Feu Gilles Leclair (1942-1975) et Feu Don Fenton (1941-2011). Et le bon souvenir de l'ésotérique Don qui m'invitait à son chalet en Estrie les fins de semaines.
Sur le site C-I-L il y avait un vieux hangar qui abritait un vieux réservoir dont nous déversions les résidus des échantillons d’acides (acide sulfurique et acide nitrique) du laboratoire. Il fallait monter dans un haut escalier équipé d’un masque à gaz, des lunettes de sécurité et des gants de protection pour faire le déversement manuel.
J’ai aussi travaillé au laboratoire satellite des engrais chimiques et d’explosifs de l’unité de production du nitrate d’ammonium d’où j’ai assuré pendant 6 mois le « graveyard shift de minuit à 8h00 ». C’était un travail ennuyeux avec des heures qui déréglait mon mode de vie. Il y avait rotation chaque 3 mois des techniciens, mais un technicien étudiant pour l’été dont le père était un vice-président C-I-L a pu passer son tour et j’ai écopé d’un autre 3 mois consécutifs de « graveyard shift ».
J’ai compris un peu plus tard que ma fonction à l'Ammonium Nitrate était importante lorsqu'un autre technicien a fait un mauvais travail en somnolant et inventant des résultats de tests. La conséquence fut dramatique. Un wagon dont les granules d’engrais se sont durcis en un seul bloc au cours de la nuit ! Le mauvais taux d’humidité des granules d’engrais qui fut rapporté à toutes les heures aux opérateurs de l’unité de production a eu une conséquence désastreuse.
Une autre de mes fonctions à la C-I-L fut de prendre des mesures de la pollution dans l’usine et dans les environs. Je montais dans l’escalier circulaire du stack (tête de cheminée de 200 pieds) de la grande cheminée de l’unité de production de l’acide sulfurique pour prendre des échantillons d’air, de fumée et de gaz émis. Ceci en utilisant des instruments portables spécialisés. Je prenais aussi des mesures de la qualité de l’air le long des rails et de la 116 vis-à-vis les récentes habitations de l’époque à McMasterville.
Enfin, je mesurais la qualité de l’eau de divers petits et grands ruisseaux qui s’écoulaient vers le Richelieu. Au début, l’eau de la production de TNT était très rougeâtre et après que C-I-L ait appliqué des correctifs, l’eau est redevenue de couleur et de qualité, disons plus normale ! Mais l"eau redevenait rouge fréquemment ! Tous les résultats étaient transmis à la maison mère C-I-L à Montréal sans que je reçoive de rétroactions ou de commentaires. Je n’analysais pas tout car je n’avais pas de spectromètre ou de chromatographe à cette époque.
À cette époque, j’étais jeune, célibataire et bon vivant inconscient osant traverser le Richelieu à pied sur la glace ou faire des passages interdits sur le pont des trains entre McMasterville et Otterburn Park pour aller jouer comme membre au club de curling d’Otterburn Park. À un moment donné, à une occasion, j’ai dû me coucher par terre entre les deux voies pour laisser passer les deux trains de directions opposées ! Ces prouesses dangereuses cessèrent lorsque j’acquis ma petite VW coccinelle pour 300 $ payable à 100 $ par mois. 😉 Une époque de mes folies du samedi soir. 😉 Et l’hiver, dès vendredi 17 h00 je quittais McMasterville pour la fin de semaine avec ma coccinelle pour le camp d’hiver loué avec des amis (Pierre Richard, Claude Leblanc et Philippe Palmieri) de Lachine pour la saison ski au Mont-Tremblant.
Je vous raconte une anecdote particulière à titre de victime d’empoisonnement chimique à la C-I-L. Il faut aussi savoir que peu de temps avant mon arrivée comme employé, il y eut un autre technicien de laboratoire C-I-L lui aussi nommé Lapointe qui fut atteint d’un empoissonnement chimique se traduisant par de violents maux de tête et le tout de termina par son décès.
Moi, le 2e Lapointe, j’ai enduré pendant un mois de violents maux de tête. Je prenais 4 aspirines par 6 heures, me cachais le jour pendant la journée de travail dans le fond du laboratoire avec un patron se demandait quoi faire avec moi. J’ai consulté des médecins (pas ceux de la compagnie) qui m’ont fait passer des tests sans rien trouver. Au laboratoire nous étions tous exposés à de nombreux produits chimiques pour conduire nos tests. Après un mois, je n’en pouvais plus. Un vendredi soir je suis allé me saouler de beaucoup de double dry gin au populaire et bruyant hôtel Central de Beloeil. Une grosse brosse ! Le lendemain, un samedi matin, à mon éveil tous mes maux de tête avaient disparus. Je me serais rincé le cerveau ! 😉 Et le 2e Lapointe (moi !) n’est pas décédé et continua son emploi à la C-I-L.
Une belle journée du printemps au laboratoire C-I-L, j’observe d’une fenêtre de l’arrière du laboratoire des travaux d’enlèvement et de remplacement dans un grand réservoir circulaire de granules de Vanadium, un catalyseur chimique extrêmement toxique. Pour ce travail de remplacement du vieux Vanadium par pelletage manuel, Ma principale surprise fut de constater l’embauche temporaire d’étudiants pour ce travail que je considère toxique et dangereux. Et le chef chimiste et son assistant étaient sur place dans le laboratoire. Ce travail de remplacement était très rare et je fus formé par Dr Davidson du Centre de recherche C-I-L sur la nouvelle méthode de test de la qualité du Vanadium neuf.
Quelques jours plus tard, sur instruction du Dr. Davidson du centre de recherche, j’ai fait des tests et analyses sur des échantillons de Vanadium au laboratoire de l’usine et au centre de recherche.
Un des fils, Feu Gilles Leclair (1942-1975), était mon collègue de travail à la C-I-L. Il m’invita à devenir chambreur à la ferme de Paul Leclair. L'épouse de Paul, Claire McDuff Leclair se sentait en sécurité d’avoir un chambreur travaillant la nuit, mais présent dans la maison le jour. Car le jour le père Leclair et son fils André travaillaient loin dans les champs ou à l’étable. La voie d’accès pour la maison isolée du 3 chemin du Richelieu de Saint-Basile-Le-Grand était via le chemin le de la rivière Richelieu. Pour vous situer en partant de l’édifice principal de l'usine, il y avait la station Power House C-I-L qui produisait de la vapeur d'eau pour chauffer les bâtisses de l'usine, ensuite les équipements de lignes électriques Hydro-Québec et un mille plus loin en direction ouest le long de la rivière sur le chemin Richelieu on arrivait au chemin d’accès à la maison des Leclair. Première maison sur chemin Richelieu en direction de McMasterville ou Saint-Basile-le-Grand. Je fus traité presque comme un fils par les Leclair !
Paul Leclair habitait la maison historique des Brouillet dit Bernard. Paul Leclair était un rentier agriculteur et gentleman farmer. Il fit précédemment carrière comme bijoutier. Il s'intéressait à l'élevage et l'agriculture et partageait cette passion avec son fils André.
La maison de ferme du 3 chemin Richelieu de Saint-Basile-Le-Grand, datant 1880, est en ce moment en 2023 la propriété de Gabrielle Haché et Jeremy Lapointe (aucun lien familial direct avec moi) sous les lots rénovés 3080235 et 3080240 (de l'ancien lot 8-1 de la paroisse de Saint-Joseph-de-Chambly du comté de Chambly). Ceci suite à la vente par André Leclair et sa conjointe Christiane Laplante.
Mesures de guerre - Octobre 1970 à la C-I-L
Explosion 1975
- Gérald Beauregard, 29 ans, marié, un enfant
- Alain Bédard, 20 ans, célibataire
- Pierre Bernier, 26 ans, marié, un enfant
- Gérard Caron, 27 ans, marié
- Pierre Fournier, 19 ans, célibataire
- Pierre Lévesque, 21 ans, célibataire
- Jean Ouellette, 45 ans, marié, trois enfants
- Edgar Racine, 47 ans, marié, quatre enfants
Aucun employé ne travaillait dans cette bâtisse dont les murs à la base ont 12 pieds d'épais; les employés qui surveillaient le processus travaillaient dans un bunker en béton à plusieurs mètres de la bâtisse. Pour l'entretien, on arrêtait le processus. Les visiteurs n'étaient pas ad mis. Marc a eu une permission très spéciale pour aller visiter le site et prendre des photos.
Voici quelques références historiques que vous pouvez lire :
Une vidéo de Jean-Pierre Charbonneau sur le C-I-L
https://www.mcmasterville.ca/wp-content/uploads/2019/11/McMasterville-dhier-a-aujourdhui.pdf
Cahier d’histoire no 93 Octobre 2010 de la Société d’histoire de Beloeil-Mont-Saint-Hilaire
https://mshdautrefois.wordpress.com/2020/12/06/explosion-a-mcmasterville-1975/
Explosion de 1975
https://mshdautrefois.wordpress.com/2020/11/28/la-laiterie-r-a-clement/

















